jeudi 11 décembre 2014

Brouillard / Fog

Notre époque moderne n'aime pas le brouillard. Notre époque aime la transparence, la certitude, la clarté.
Il faut que les choses soient claires et nettes.
Notre époque ne peut donc pas aimer le brouillard et le flou qui en découle.
Dans le brouillard, on ne voit pas très bien où l'on va. Les choses prennent  parfois une forme différente de la réalité. Elles manquent de clarté. Elles ne sont pas ce qu'on croit qu'elles sont.
Ce jour là, je voulais prendre en photo les mélèzes givrés par le brouillard. Mais finalement ce sont les petites plantes des sous-bois qui ont attiré mon attention. Grâce au brouillard et au givre, elles ont elles-aussi pris des formes nouvelles et acquis une nouvelle beauté.
Cet après-midi, ce sont des grands arbres qui m'ont conduit à m'émerveiller des petits détails. Peut être parce que le grand se retrouve toujours dans le petit.
Dans le brouillard, on ne sait jamais ce que l'on va trouver, on n'est jamais sûr de rien et c'est ce qui en fait son intérêt.
Mais il est éphémère et la clarté revient toujours finalement.
Même si le brouillard a laissé quelques traces, toutes aussi éphémères que lui.

Our modern times don't like the fog. Our times like transparency, certitudes, clarity.
Things have to be clear and neat. 

Our times so can not love the fog and blurredness that results of it. 
In the fog, it is not clear where we are going. Things sometimes take a different form of reality. They are unclear. They are not what we believe they are. 
That day, I wanted to take pictures the larches frosted by the fog, but finally, it's the little undergrowth plants that have attracted my attention. Thanks to the fog and the frost, they also took new forms and acquired a new beauty. 
This afternoon, those are the big trees that led me to marvel for the small details. Maybe because the big is always found in the small. 
In the fog, you never know what you will find, one is never sure of anything. This is what makes his great interest.
But it is ephemeral and clarity always comes back.
Even if the fog has left some traces, just as ephemeral as him.























 













samedi 6 décembre 2014

Nature morte? / Still life?

On dit que les langues ne sont pas seulement des modes d'expression mais reflètent aussi une vision du monde.
L'anglais et le français désignent très différemment la représentation artistique d'objets inanimés, sans vie, ou dont la vie s'est échappée.
En français, "Nature morte" insiste sur l'absence de vie.
En anglais, "Still life" insiste sur l'absence de mouvement.
Il me semble que l'observation en détail de ces troncs de mélèzes morts peut réconcilier les deux langues tant ces termes sont tous les deux adaptés.
"Nature morte" parce que la vie s'est échappée de ces bois depuis de très nombreuses années et que la nature et le temps s'associent pour les réduire lentement en poussière.
"Still life" parce que malgré l'immobilité définitive et la lente dégradation du bois, le dynamisme des formes témoigne encore de l'élan vital.
Peut-être que cette intéressante différence linguistique peut finalement nous aider à comprendre le message que ces vulgaires troncs d'arbres nous adressent.
Peut-être que ces vulgaires troncs d'arbres pourrissant lentement sont les témoins que la vie et la mort sont interconnectés et que l'une n'existe pas sans l'autre.
Au delà de leur fascinante et objective beauté.

It is said that the languages are not just means of expression but also reflect a worldview. 
English and French languages depict very differently the artistic representation of inanimate objects, lifeless, or whose life has escaped. 
In French, "Nature morte" emphasizes the absence of life. 
In English, "Still Life" emphasizes the lack of movement. 
It seems to me that the observation in detail of these dead larches trunks can reconcile the two languages as those terms are both suitable. 
"Nature morte" because life has escaped from the woods for many years and that the nature and time combine together to reduce them slowly to dust. 
"Still life" because despite the definitive immobility and slow degradation of the wood, the dynamism of  the shapes still testifies to the life force.
Maybe this interesting linguistic difference may finally help us to understand the message that these ordinary tree trunks address us. 

Maybe these vulgar slowly rotting tree trunks are the witness that life and death are interconnected and that one does not exist without the other. 
Beyond their fascinating and objective beauty.













vendredi 5 décembre 2014

Nouvelle jeunesse / New youth

La neige n'est pas encore arrivée dans les Alpes en cette fin d'hiver.
Les belles couleurs des mélèzes sont parties sous les premières chutes de neige, neige qui a déjà fondu sous les températures douces.
Il est donc facile d'observer en détail les silhouettes des mélèzes centenaires qui poussent à la limite des arbres: un tronc droit, souvent stoppé net dans son élan par le vent, la neige ou la foudre, et une nouvelle cime qui se forme, beaucoup plus tortueuse. Presque un nouvel arbre.
Sévère et droit quand il est jeune, c'est à l'âge mûr qu'il se libère. Qu'il se met à danser. Mais sans jamais rien perdre de sa dignité.

The snow has not yet arrived in the Alps at this end of winter. 
The beautiful colors of the larches are gone under the first snowfall, snow that has already melted under mild temperatures. 
It is easy to observe in details the silhouettes of hundred-years old larches  that grow at the tree line: a straight trunk often stopped in its momentum by the wind, the snow or the lightning, and a new top that grows, much more tortuous. Almost a new tree.
Severe and straiht when it is young, it is in his middle age that it releases. He starts dancing. But without ever losing his dignity.